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Antony, poète de rue : un mot, quelques notes, une poésie

  • il y a 2 heures
  • 3 min de lecture

Antony, le poète à l’harmonica

Je m’appelle Antony, le poète, mais ici, dans la rue, on m’appelle simplement « le poète ».

Je n’ai pas de maison. J’ai parfois un banc, un coin de trottoir, un morceau de carton et, surtout, mon harmonica. C’est mon compagnon. Il connaît mes silences, mes nuits froides et toutes les histoires que je n’arrive pas à dire.

Quand les gens passent devant moi, je ne leur demande pas d’argent.

Je leur demande un mot.

Un seul.

Je leur dis :

« Donnez-moi le premier mot qui vous traverse l’esprit. »

Et moi, j’ai dit :

« Amour. »

Alors il a porté son harmonica à ses lèvres.

Il a soufflé quelques notes, doucement. Une mélodie simple s’est élevée dans l’air. Puis il a commencé à parler.

« L’amour… c’est drôle, vous savez.On croit souvent que l’amour appartient à ceux qui ont une maison, une famille, des bijoux ou quelqu’un qui les attend derrière une porte.Mais moi, je l’ai trouvé dehors.Je l’ai trouvé dans le café chaud qu’un inconnu m’a offert un matin d’hiver.Dans la main d’une petite fille qui m’a donné une pièce sans détourner les yeux.Dans le sourire d’une femme qui, chaque soir, passait devant moi et disait simplement : “Bonsoir, prenez soin de vous.”L’amour, ce n’est peut-être pas posséder quelqu’un.C’est peut-être simplement lui rappeler qu’il existe.Moi, je n’ai pas grand-chose.Mais quand quelqu’un me donne un mot, il me donne un petit morceau de son monde.Et moi, avec ce mot, je lui rends une histoire.Alors, ce soir, si vous me demandez ce que vaut l’amour, je vous répondrai ceci :L’amour ne tient pas dans une maison.Il tient dans un regard.Il tient dans une main tendue.Il tient dans une chanson jouée au bord d’un trottoir.Et parfois…Il tient dans un simple mot qu’un inconnu vous confie. »

Puis il a repris son harmonica.

Quelques notes encore.

Et pendant quelques secondes, les passants n’étaient plus des passants.

Nous étions simplement des êtres humains qui s’étaient rencontrés.

Et peut-être que, quelque part entre sa musique et nos silences, l’amour venait de passer.

Recevoir autrement

Cette rencontre m’a fait réfléchir.

Nous avons parfois tendance à penser que celui qui est dans le besoin est forcément celui qui reçoit.

Mais ce jour-là, c’est moi qui ai reçu quelque chose.

J’avais donné un mot.

Il m’a donné un poème.

J’avais donné quelques secondes de mon attention.

Il m’a offert une émotion.

Et son harmonica a transformé cette rencontre ordinaire en un petit moment suspendu.

À la fin, j’ai simplement voulu lui rendre ce que je pouvais.

Je l’ai regardé et je lui ai dit :

« Que Dieu te bénisse. Et que Jésus-Christ te garde, car Jésus-Christ est Amour. »

Je ne sais pas ce que cette phrase a représenté pour lui.

Mais je sais ce qu’elle représentait pour moi.

Elle était ma manière de lui dire merci.

Jésus-Christ est Amour

Cette rencontre m’a rappelé que l’amour peut se trouver là où on ne l’attend pas.

Parfois, il suffit de s’arrêter quelques instants, de regarder l’autre et de lui accorder une place dans notre journée.

Ce jour-là, j’avais simplement donné un mot : Amour.

Antony, lui, l’a transformé en musique et en poésie.

Et moi, en retour, je lui ai donné une bénédiction.

Que Dieu te bénisse, Antony. Jésus-Christ est Amour.


Témoignage vécu le 24 Août avec un SDF en région PACA


Blog écrit par A. Hadassah

 
 
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